Je suis prof de droit, je le raconte, je l’enseigne surtout à des travailleurs sociaux et à des policiers : j’interviens, aujourd’hui, surtout en formation continue ou permanente, à la demande et à la carte,
je me déplace volontiers partout en France, pour différents organismes (sous forme de colloques, de conférences, de modules de quelques jours …),
Je travaille beaucoup pour le CNFPT (Centre National de la Fonction Publique Territoriale), en Première Couronne d’Ile de France, à Pantin (93), en Grande Couronne d’Ile de France, à Guyancourt (78), en Haute-Normandie, à Rouen (76), et “en intra” (dans les collectivités territoriales qui en font la demande au CNFPT), j’interviens alors sur n’importe quel contenu juridique de droit privé, pénal ou civil, ou en rapport avec les professions à caractère social ou médico-social,
J’interviens, au CNFPT, surtout dans les filières médico-sociales, administratives et animation (droit de la famille, fonctionnement des collectivités, droit constitutionnel), mais aussi police municipale (agents et chefs, préparation aux concours, modules de droit pénal et de procédure pénale, droit pénal applicable aux mineurs et “le policier municipal et la protection de l’enfance”, qui va bientôt se retrouver en librairie sous forme de livre, probablement “courant 2010″),
J’ai longtemps enseigné le droit aux éducateurs de jeunes enfants (EJE) et éducateurs spécialisés (ES) de l’école Saint-Honoré, à Paris, aux assistants de service social (AS), moniteurs-éducateurs (ME), et éducateurs spécialisés de l’Institut Régional de Travail Social de Rouen Canteleu (76), aux éducateurs spécialisés et moniteurs-éducateurs en situation d’emploi de l’Institut Supérieur Régional de Travail Social de Montrouge (92) …
Je me suis spécialisé dans l’autorité parentale (acquisition délégation et suspension de l’exercice, retrait, histoire) et plus largement dans le droit de la famille, mais aussi dans la responsabilité des professionnels de l’action sociale et médico-sociale (civile, pénale disciplinaire avec l’étude de cas concrets comme l’administration des médicaments) et dans l’histoire du droit de correction (les châtiments corporels et la fessée, par exemple) : je suis à ce titre parrain de l’observatoire de la violence éducative, présidé et animé par Olivier Maurel (l’auteur de la fessée, aux éditions La Plage),
La responsabilité des professionnels de l’action sociale et médico-sociale va également se retrouver en librairie, vers la fin de l’année 2009, dans un livre éponyme publié par Territorial (collection “cahiers d’experts”),
J’ai écrit plusieurs articles sur ces sujets, très présents aussi dans les manuels de droit que j’ai publié …
Je suis régulièrement sollicité sur des problématiques telles que le secret professionnel, le signalement d’enfant en danger (et plus généralement le dispositif français de protection de l’enfance), mais aussi les pouvoirs de police du maire ou la connaissance des institutions judiciaires (introduction au droit et au fonctionnement de la justice en France), mais ce ne sont que quelques exemples …
J’ai longtemps collaboré au Journal du droit des jeunes, devenu la Revue d’Action Juridique et Sociale avant de redevenir le Journal du droit des jeunes (j’ai même, longtemps, fait partie du comité de rédaction),
j’ai longtemps écrit, aussi, dans le magazine TESS (travailler dans l’économie sociale et solidaire), un mensuel du groupe Territorial destiné aux travailleurs et acteurs sociaux (le magazine n’existe plus, mais le site Internet continue à vivre).
J’écris désormais régulièrement pour Acteurs de la vie scolaire, un autre mensuel du groupe Territorial (mes articles se téléchargent sur le site du magazine).
Je suis vice-président d’honneur de la Ligue Française de Santé Mentale, après en avoir été, cinq ans, le trésorier, je fais partie de l’observatoire de la violence éducative …
Je pense -et je regrette- que le droit a trop souvent pour le profane des airs de langue étrangère.
La plupart des travailleurs sociaux auxquels il me faut l’enseigner, le redoute comme une matière rébarbative et ennuyeuse, ils l’imaginent sponsorisé par une célèbre marque d’aspirines, pourtant, le droit est une matière vivante, parfois comique (humour de juriste), qui intervient quotidiennement dans la vie de tous les citoyens, qu’ils le veuillent ou non, c’est une discipline littéraire issue de la philosophie …
Le droit, pour la plupart de mes élèves, est un ennemi potentiel, qui risque de faire baisser la moyenne, dont il faut essayer d’éviter les pièges, en bachotant sans réfléchir,
L’accueil traditionnel du prof de droit qui entre pour la première fois dans sa salle de cours est une salve de soupirs découragés et de regards de cocker triste,
le prof de droit est aussi populaire chez les futurs travailleurs sociaux que le prof de maths imposé aux collégiens le vendredi après-midi (je sais de quoi je parle, j’ai été moi-même travailleur social et collégien …),
Beaucoup pensent qu’il convient de s’approcher le moins possible du droit, celui qui s’y retrouve vraiment obligé se contente souvent de l’étudier par petits bouts, c’est une hérésie : comme le cognac chaud ou la viande trop cuite, le droit saucissonné perd toute sa saveur ! paradoxalement, j’entends régulièrement des gens se plaindre : on ne nous informe pas sur nos droits ! on ne nous rien de comment fonctionne la justice ! on ne nous explique pas ! et forcément : si on ne nous dit rien, c’est fait exprès pour ne pas qu’on comprenne, justice pour les puissants et injustice pour les faibles ! n’importe quoi …
Tous les citoyens, c’est vrai, ne sont pas égaux face au droit et à la justice : il y a ceux qui comprennent, qui agissent et se défendent, et ceux qui, n’y comprenant rien, ont forcément l’impression de se faire avoir : ce n’est souvent pas qu’une impression …
Le droit est un art martial auquel chaque citoyen devrait être entraîné : ce n’est pas un ennemi, mais un ami qui peut se révéler particulièrement utile (pour ne pas se faire entuber par un propriétaire, un fournisseur d’accès à Internet, un opérateur de téléphonie mobile, etc.),
il propose une alternative à “se laisser faire et subir” : “maîtriser et agir” ! connaître le droit permet d’éviter beaucoup d’ennuis ou d’injustices !
Rappelons que les livres de droit sont en vente libre : il en existe de très clairs pour pas cher, j’en propose d’ailleurs toute une liste dans chacun de mes ouvrages (et sur la page conseils bibliographiques de ce blog, qui ne devrait pas tarder à arriver),
Le droit n’est pas une matière qui doit s’apprendre : c’est une matière vivante qui doit se comprendre : quand elle se comprend, elle s’apprécie,
Le droit est le reflet de la société, de ses évolutions politiques, philosophiques, sociologiques, historiques, le miroir des individus qui la composent : faire du droit c’est étudier l’histoire le latin le grec la littérature le philosophie la politique …
Le droit est parfois une langue étrangère pour qui ne le pratique pas, dans mes livres, dans mes cours, lors de mes interventions, je m’efforce de m’exprimer en français, de replacer chaque aspect du droit dans sa globalité en opérant systématiquement un large balayage de tous les domaines juridiques (qui se rapportent au droit) et judiciaires (qui se rapportent à la justice, nuance).
Nemo censetur legem ignorare (nul n’est censé ignorer la loi), mais combien de professionnels ou de citoyens sont réellement capables d’expliquer les mécanismes d’un signalement d’enfant dit “en danger”
Combien savent qu’un enfant peut à tout âge prendre un avocat sans avoir à le payer pour défendre ses intérêts ou simplement pour s’exprimer ?
Combien savent que leur responsabilité civile et pénale personnelle est engagée quand ils encadrent des jeunes ?
Combien n’ont pas pu faire respecter leurs droits élémentaires de salarié (ou de locataire), par méconnaissance du droit du travail, du droit lié à la location ?
Combien n’ont pas su faire respecter leurs droits de consommateur, par ignorance des procédures ?
Le droit est aussi une matière littéraire, une des disciplines de la philosophie, ancrée dans l’histoire des peuples et des civilisations.
Il faut, pour l’aborder intelligemment, lire
Des délits et des peines, de Cesare Beccaria,
père du droit pénal,
il faut lire aussi
Du contrat social, de Jean-Jacques Rousseau,
qui pose les principes de ce qui deviendra notre droit civil,
en s’inspirant des travaux des philosophes grecs et latins,
il faut enfin lire
Montesquieu, De l’esprit des lois,
avant de voter et de s’autoriser à râler,
car comprendre le droit, c’est aussi agir et comprendre en tant que citoyen,
pour ne pas se laisser bercer par les discours politiques de plus en plus idiots et abêtissant …